Le premier jour du reste de ma vie...
Après une nuit à La Paz, où la pollution associée à l'altitude (nous sommes encore à près de 4'000 m) peut être très dérangeante, je décide de partir en bus pour Rurrenabaque: petite ville à l'orée de l'Amazonie d'où par…
Après une nuit à La Paz, où la pollution associée à l’altitude (nous sommes encore à près de 4’000 m) peut être très dérangeante, je décide de partir en bus pour Rurrenabaque: petite ville à l’orée de l’Amazonie d’où partent les tours pour la jungle et la pampa (18h minimum de trajet). En bus et non en avion, afin d’économiser un peu d’argent…
Erreur que je vais vite regretter…
Je pars donc le matin même, avec 2h de retard sur le planning initial, jusque là rien de très anormal ;)
En revanche, le bus n’est pas (du tout) en très bon état et je le trouve bien surchargé. Je suis l’unique touriste. Seuls des locaux, pour la grande majorité des paysans, montent à bord pendant que l’on continue de charger, sur le toit et dans les soutes, des sacs énormes de provisions.
Les pneus du bus ont l’air de souffrir un peu…
J’hésite plusieurs fois avant de monter à bord en relisant mon guide qui indique quand même : “les trajets en bus vers Rurrenabaque sont souvent très longs et fastidieux. Surtout, beaucoup d’accidents sont reportés sur cet itinéraire”.
GLOURPS…je décide malgré tout de ne pas faire marche arrière et finis par m’asseoir.
Après 2h de route goudronnée, c’est parti pour le cauchemars: il n’y a plus que de la piste (route en terre et cailloux à flanc de montagne) et à ma gauche un sympathique ravin de plusieurs dizaines de mètres.
Les bus et autres camions n’ont pas la place de se croiser, ce qui rend le trajet encore un peu plus chaotique. Surtout que les travaux, et donc les énormes engins, sont nombreux.
LE PIED!
Ah oui et aussi…: j’ai le vertige bien évidemment. Et là, dans mon gros bus tout défoncé et bringuebalent, au bord de ma fenêtre qui fuit, le nez dans le vide… j’ai peur!
Je m’accroche à mon sac à dos en évitant tout contact visuel avec la fenêtre et le vide. J’ai l’air ridicule, OUI! mais… ce n’est pas ma plus grosse préoccupation à ce moment là :)
Les locaux ne comprennent d’ailleurs pas pourquoi je suis à 2 doigts de m’asseoir par terre en pleurant, agrippée à mon sac, alors même que le bus, en pleine nuit (et donc dans le noir total: il n’y a pas d’électricité dans le coin), se met à faire marche arrière sur la piste glissante, à 2 cm du ravin, pour laisser passer un camion.
Eux trouvent ça plutôt drôle. Moi j’oscille entre :
- la tétanie (“on va tous mourriiiiir!”),
- l’envie de pleurer (“31 ans, c’était pas si vieux en fait…”),
- le relativisme (ce qui me permettra de dormir peut être 2h : “y’a pas de raison, eux font le trajet régulièrement et ils n’ont pas peur - Arrête de faire ta lopette!”),
- et…heuuu, la prière! J’en suis proche à 2 reprises…alors que…en soit, je ne suis pas vraiment croyante: situation désespérée oblige.
Et cela va durer pendant 20h environ, car nous ne mettrons bien évidemment pas le temps indiqué au départ.
Bref, j’arrive à bon port le lendemain fin de matinée, ravie de revoir le soleil se lever de nouveau.
La priorité : courir réserver mon billet d’avion retour vers La Paz.
Après quoi : départ pour 3 jours dans la pampa et 2 dans la jungle!
Note pour plus tard : ne pas “risquer sa vie” pour un billet d’avion qui ne me coûtera au final que 40€…
et OUI, le post est un peu long ET sans images MAIS…il fallait que j’extériorise et j’avais autre chose à faire que de prendre des photos!